| Italie – Inter-culturalité et Vie consacrée |
| Italie – Ouverture de la 73ème Assemblée semestrielle de l’USG |
Dans l’après-midi, frère Giovanni Dalpiaz, osb cam, partant de données statistiques ponctuelles a décrit les transformations profondes qui sont en train de changer la physionomie sociale, culturelle et géographique du christianisme et, par conséquent, également de la Vie consacrée.
“Alors qu’au Nord du monde, en raison de la dénatalité et de la sécularisation, le christianisme traverse une phase d’involution, dans le Sud il croit”. Dans le Nord, a précisé frère Dalpiaz, l’on constate également un déplacement du “nous”, de la communauté, au “moi”, qui conduit à une suspension de la religiosité et au subjectivisme.
Les données montrent que le centre de gravité du christianisme est en train de se déplacer: l’n prévoit qu’en 2025 70% de tous les chrétiens vivra dans le Sud du monde. Outre le phénomène de sécularisation, qui caractérise en général le Nord du monde, l’on observe une évolution démographique qui amène le Sud à avoir un taux de natalité élevé. “Les développements sur le plan religieux de l’évolution démographique sont déjà en train de modeler la physionomie de toutes les Églises, y compris l’Église catholique romaine, et le feront encore davantage à l’avenir”.
Après cette constatation, frère Dalpiaz a affirmé qu’à l`avenir la plupart des chrétiens et des catholiques se trouvera à affronter des situations de pauvreté et de difficultés d’accès aux biens fondamentaux comme la santé et l’éducation.
Si jusqu’aux années 1990 le paradigme dominant dans la sociologie de la religion c’était une sécularisation qui, parallèlement à l’avancée de la modernité aurait vu une régression de la religion, “aujourd’hui la recherche empirique et la réflexion théorique nous ont rendus conscients que ce processus n’est pas si linéaire”.
C’est dans ce cadre que se situe le présent et l’avenir de la Vie religieuse. Il faut prendre acte du fait que, comme dans le passé, nous nous trouvons devant la fin d’un cycle de la Vie religieuse. “Le passage d’un cycle à l’autre coïncide parfois avec la disparition ou le déclin de modèles institutionnels bien rodés et la naissance d’autres qui se révèlent plus adéquats à intercepter les nouvelles instances spirituelles, culturelles, sociales”. Le changement qui traverse les instituts est toutefois trop récent pour que l’on puisse aller au-delà d’une simple hypothèse.
“La transition en cours, qui voit une croissance relativement rapide, du point de vue sociologique, du Sud aussi bien des fidèles (nombre de baptisés) que de l’organisation (nombre de personnel ecclésiastique), avec une diminution en Europe et en Amérique du Nord, n’aura pas comme seul effet de rendre l’Église catholique une réalité polycentrique et multiculturelle, mais finira pour changer ses équilibres internes”.
Les communautés religieuses, en ligne avec les changements mondiaux, sont en train de prendre un aspect multiculturel. Ce phénomène ne va pas sans difficultés! Les diversités – principalement liées à la sensibilité religieuse et à la manière de comprendre et d’exprimer l’expérience spirituelle – devront être surmontées par le dialogue et par l’acceptation.
“Le passage à une pratique de relations basée sur le respect des diversités culturelles suppose la capacité et la volonté de dialoguer, de se confronter, d’accepter le risque d’un certain mélange, d’une certaine perte de sa pureté ‘culturelle’”.
Publié le 28/05/2009