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Bénin – « Move with Africa » : une école de Bruxelles en immersion au Bénin

31 mai 2018

(ANS – Porto Novo) – Comment pouvons-nous faire des vrais citoyens de nos jeunes ? C'est une question sur laquelle beaucoup d'enseignants débattent. Jérôme Merckx, a travaillé pendant un an avec ses élèves – avec le soutien de l’ONG « Via Don Bosco » – à une culture citoyenne ouverte et internationale.

Pouvez-vous expliquer le contenu du projet mené avec Via Don Bosco qui a mené vos élèves au Bénin ?

En 2017, nous étions 4 profs à lancer un projet de solidarité internationale au sein de l’école. L’objectif était d’aborder des questions de société autour des préjugés, stéréotypes et discriminations. À une séance d’information, on a expliqué aux élèves qu’il y aurait des ateliers thématiques et peut-être un voyage d’échange. On a ensuite sélectionné une quinzaine d’élèves.

Nous avons organisé avec l’aide de VIA Don Bosco des ateliers sur la migration et les réfugiés, sur l’éducation aux médias et sur l’égalité femme/homme. Et cela a débouché sur des vidéos pour sensibiliser les autres élèves à ces thématiques et l’organisation d’une semaine de la citoyenneté dans l’établissement.

Pourquoi participer à « Move with Africa ? »

Le projet « Move with Africa » est un projet d’Éducation à la Citoyenneté Mondiale et Solidaire (ECMS) initié par l’ONG « La Libre » avec la participation de 8 ONG belges, parmi lesquelles « VIA Don Bosco ». Ce projet a une approche plus globale par rapport au rôle d’acteur des jeunes pour changer la société. Etre retenu pour un projet qui débouche sur un voyage interculturel a permis de garder les élèves motivés. Les ateliers des mercredis après-midi, le weekend de préparation et la récolte de fonds ont beau exiger une implication considérable, la récompense de partir au Bénin dans un centre Don Bosco à la rencontre d’autres jeunes est plus grande.

Quelques semaines après le retour, percevez-vous déjà des changements chez les élèves ?

La majorité d’entre eux ont ouvert leur esprit et sont maintenant beaucoup plus dans le questionnement que dans le jugement. Par exemple, ils ont changé leurs avis sur les immigrés, notre société et les médias jouant un rôle prépondérant dans la mise en place de ces idées préconçues. Au départ, ils avaient un rejet pour ces personnes par peur que celles-ci viennent prendre leur travail. Maintenant, ils n’ont pas non plus la naïveté de croire qu’il y a des solutions toutes faites, mais ils comprennent que le rejet n’est pas une réponse raisonnable. Le voyage leur permettra peut-être de s’intéresser davantage aux causes des inégalités économiques qui poussent des personnes à quitter leur pays dans l’espoir d’un meilleur avenir.

Faut-il spécialement partir dans un pays en voie de développement pour sensibiliser et mobiliser les élèves ?

Il y a 36 manières de faire de l’ECMS et il n’y a pas une qui soit meilleure que l’autre. L’avantage du voyage, quand celui-ci est bien encadré, est qu’il permet de combiner savoir, savoir-être et savoir-faire plus facilement. Mais pour moi, 1 an c’est trop court. À ce propos, je trouve l’initiative du projet Youth 4 Change de VIA Don Bosco fort intéressante aussi.

Qu’est-ce qui vous pousse à faire de l’éducation citoyenne ?

Ça ne vient pas que de moi, ça vient des élèves ! En cours, ils posent énormément de questions de société, donc on en parle. Laisser place au débat, c’est déjà faire de l’ECMS. Bien sûr, pour que cela tienne sur la longueur, il vaut mieux s’outiller, s’informer sur le sujet, mettre un cadre et lier cela au programme.

Source : Don Bosco Aujourd’hui

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